Wednesday, October 26, 2016

Vous avez le droit d'avoir des défauts



Je me demande quels sont vos défauts.
Êtes-vous...stressé ? Agressif ? Colérique ? Peureux ? Égoïste ? Mou ? Irresponsable ? Manipulateur ? Superficiel ? Impatient ? Retardataire ? Paresseux ? Négatif ? Triste ? Arrogant ? Bordélique ? Accro ? Vulgaire ? Pessimiste ? Immature ? Avare ? Naïf ? Blessant ? Maladroit ? Dépendant socialement ? Hypersensible ? Jaloux ? Hypocrite ? Capricieux ?

Il existe plus d'une centaine de défauts, divers et variés, et nous en avons tous. Tous.

Certains peuvent créer en nous des complexes presque impossibles à surmonter, au même titre qu'un complexe physique. Une fois que vous vous êtes découvert un défaut, vous avez l'impression d'être un inadapté, d'être nul, que tout le monde doit vous détester et que vous allez perdre tous vos amis.

Calmez-vous.

Il y a plusieurs façon d'appréhender un défaut afin de pouvoir mieux l'accepter et vous accepter.

1. La gravité d'un défaut change selon chacun

Un défaut peut être très mal accepté par une personne, alors que quelqu'un d'autre s'en souciera fort peu. Par exemple, on pourra vous dire qu'être hypersensible n'est pas quelque chose de grave du tout, alors qu'une autre personne ne le supportera pas. Vous pouvez être bordélique, et vos amis peuvent ne pas voir le problème du tout, alors que votre mère aura juste envie de jeter toutes vos affaires par la fenêtre.

Pour moi, l'exemple le plus parlant est la jalousie (j'aime bien parler de ce défaut). Les gens tiennent souvent des discours comme "la jalousie est une preuve d'amour", "si elle n'est pas exagérée elle peut être bénéfique pour un couple", etc. Pour beaucoup de monde, la jalousie n'est pas un défaut gênant.
Pourtant c'est l'un des défauts que je supporte le moins. Je ne veux pas en voir un gramme chez mon partenaire. Je ne peux pas la concevoir en peinture.

Mais d'un autre côté, la superficialité est pour moi un défaut très peu important, ne présentant aucun problème. Pour moi il s'agit juste d'une différence de personnalité : on n'est pas toujours obligé d'avoir des connaissances approfondies sur tout et de tenir des conversations philosophiques à longueur de journée.
Mais pour d'autres ce sera un défaut insupportable.

Votre copain peut vous quitter parce que vous vouez une adoration à la saga Harry Potter parce qu'il aura trouvé ça étouffant. Et ça vous donnera l'impression d'être nul, de ne pas être normal.
Mais finalement non, en fait, parce qu'il y aura plein de gens qui adoreront cette partie de vous, ou y seront juste indifférent.

Les défauts sont purement relatifs. Comme les qualités.


2. Ne croyez pas toujours ce qu'autrui vous dit de vous.

Anaïs Nin a dit : "La honte est un mensonge que quelqu'un vous a dit à propos de vous-même."

Si j'avais dû écouter chaque fois que quelqu'un m'a dit l'un de mes défauts, je serais le plus grand monstre sur terre.

Une personne fonctionne à l'a priori. Elle se demande pas comment vous êtes vraiment. Elle se fait une idée en se basant d'une anecdote, d'une phrase, et elle vous balance une synthèse.

De plus, les gens ont tendance à déformer la réalité suivant leurs vexations personnelles. Si vous vous disputez avec quelqu'un, celle-ci vous dira que vous êtes agressif et colérique.
Si vous refusez une faveur à un tiers, vous serez égoïste.
Les gens se rassurent comme ils peuvent pour se donner une vision de la réalité qui colle avec leur confort.
"L'égoïste, c'est celui qui ne pense pas à moi."

Donc n'écoutez pas forcément les défauts desquels on vous taxe. Il n'y a que vous qui pouvez vous connaître véritablement. Faites-vous confiance.


3. Vous avez le droit d'avoir des défauts.

Tout le monde a des défauts. Tout le monde. Vous ne trouverez jamais une personne "parfaite". Ce qui fait que vous avez le droit d'avoir des défauts, quels qu'ils soient. Ne soyez pas aussi impitoyables avec vous même (et avec les autres).

Arrêtez de vous détester parce que vous vous trouvez trop ceci, trop cela, trop sensible, trop négatif, parce que vous n'arrivez pas à gérer vos addictions, etc. Vous avez le temps de vous améliorer, et vous avez également le droit, en attendant, d'être vous-même avec vos défauts. Arrêtez d'exiger d'être surhumain. Vous ne l'êtes pas, et personne ne l'est.
Tout le monde a des défauts.

4. Nous sommes des êtres équilibrés.

Vous avez des défauts. C'est un fait. Mais vous avez aussi des qualités.
Vous voulez faire un exercice ? Voici une liste de 206 qualités. Prenez une feuille et de quoi écrire, et examinez chaque qualité, en vous demandant de la façon la plus objective possible : est-ce que je me reconnais dans cette qualité ? N'hésitez pas à demander à un proche bienveillant en qui vous avez confiance (un ami qui n'hésite jamais à booster votre bonne humeur, par exemple) de jeter un oeil à cette liste et de repérer des qualités que vous ne vous seriez pas accordées spontanément. N'hésitez pas à argumenter, à trouver des exemples de la vie quotidienne où cette qualité s'est exprimée. Votre ami ne vous qualifierait pas d'ambitieux ? Prouvez-lui le contraire avec des exemple frappants !

Puis, comptez le nombre de qualités trouvées. Combien en avez-vous ? 30 ? 50 ? 100 ?
Je suis sûre que vous pouvez en trouver 100 ! Autant de qualités, ce n'est pas génial ?

Après tout ça, est-ce que vos défauts ont encore beaucoup de poids ?

Vous êtes un être merveilleux à part entière. A côté d'une crise de colère, vous écrivez des poèmes magnifiques. Vous arrivez en retard en cours, mais le soir, vous dévorez les livres comme personne. Vous parlez fort, mais vous adorez aider les autres, les écouter et les réconforter.
Vous n'arrivez pas à être végétarien, mais vous donnez toujours de l'argent aux gens que vous croisez dans la rue.

Vous n'êtes pas vos défauts. Vos défauts ne sont pas ce qui est important chez vous et ce n'est pas ce dont les personnes se rappelleront.

Monday, October 17, 2016

Amour de soi : ligne continue ou montagnes russes ?

Ces dernières semaines m'ont amenée à réfléchir sur un grand nombre de choses, et en partie sur l'amour que je pouvais me porter à moi-même. On va dire que je me trouvais dans une période "sans". Je n'arrivais plus à écrire, je ne faisais plus beaucoup de sport, j'avais foutu plusieurs de mes amitiés en l'air, et c'était entièrement de ma faute.
Le résultat était que durant cette période, je ne m'aimais pas.

Cela m'a amenée à me poser beaucoup de questions par rapport à ce blog. En effet, étais-je légitime à parler ici d'amour de soi et de choses équivalentes alors que je me détestais ? Que devais-je faire ?

Et pourquoi avais-je été incapable de m'aimer moi-même ? Etait-ce un échec de plus ?

Ça m'a donné l'idée de cet article.
En effet, on pense souvent que l'amour de soi, comme le bonheur, est une finalité. On ne s'aime pas, on apprend à s'aimer, puis on s'aime et alors la vraie vie commence.
Oui, mais ça, ce serait nier la vie en elle-même. La vie et tous les petits événements qui la composent et qui nous mettent à m'épreuve.
Il est très facile de tomber dans ce piège : on passe par une période de célébration de soi, puis un incident arrive, notre estime de nous baisse, et nous nous en voulons d'autant plus.
S'ensuit alors un cycle de culpabilité, basé sur notre regret de ne pas être capable de nous adorer en cette période d'adversité.

J'aimerais casser ce mythe.
Tout comme il y a une infinité de façons de pratiquer l'amour de soi, il y a une infinité de variations de cet amour de soi. Vous n'êtes jamais à l'abri du doute, de la culpabilité, de l'auto-flagellation. Je pense que même Gala Darling et Beyoncé y sont parfois sujettes.
Et même si cela leur arrive moins qu'à nous, même si leur amour d'elles-mêmes est plus solide que le nôtre, il est tout à fait improductif et hors de propos de nous en vouloir et de nous donner une raison de plus de nous critiquer.

Je vais vous dire où j'en étais à ce moment-là.
Je n'arrivais plus à écrire parce que j'avais l'impression que mon écriture était trop fade et pauvre pour exister.
Je n'avais plus écrit sur ce blog pendant un moment parce que j'avais l'impression que je n'avais rien à apporter.
Je me fais refaire les seins le 22 septembre, et je ne ressentais plus que du soulagement, parce que je ne supportais plus mon corps.
Je passais mes journées à m'en vouloir des erreurs que j'avais faites en amitié. Des problèmes que j'avais causé.
Il m'arrivait d'avoir envie de me faire du mal physiquement, ce qui, à mes yeux, était le comble de la haine de moi.
Je ne me sentais pas à la hauteur de mes amis, j'avais l'impression de ne pas être assez bien, de ne pas faire les choses assez bien.

Parfois, la vie vous arrive. C'est comme ça. Il n'y a aucune raison pour que vous échappiez à cette règle. Il est donc normal que vous réagissiez à ces événements qui vous arrivent.
Parfois, vous vous disputez avec des amis. Et vous surmontez cela.
Parfois, vous n'atteignez pas vos objectifs. Et ça n'entame pas pour autant votre confiance en vous, car "l'échec amène à la réussite".

Mais parfois, les choses s'accumulent et vous êtes dans l'impossibilité de vous aimer. Vous ratez quelque chose, vous ne créez plus, vous recevez trop de critiques à la fois, votre corps ne vous plait pas, et...que pouvez-vous faire ?
Vous passez alors pour une période de dépréciation de vous-même.
Est-ce que c'est vraiment le moment de perdre encore plus d'estime de vous parce que vous n'êtes "même pas capable de vous aimer" ?
Nous n'avons pas besoin de cette pression-là.

Nos progrès ne sont pas linéaires, en aucun domaine. Lorsque vous apprenez à dessiner, vous atteignez parfois un "plateau" où vous ne progressez plus. Pareil pour le sport. Lorsque vous apprenez une langue, vous oubliez parfois votre vocabulaire.
Si vous écrivez un roman, il arrive que vous deviez effacer des chapitres entiers et recommencer.
Parce que le succès n'est pas et ne sera jamais linéaire.
Vous n'allez jamais progresser en ligne droite sans jamais retourner en arrière.
Vous allez parfois vous adorer, parfois vous détester. parfois vous kiffer avec force, parfois vous critiquez plus durement que nécessaire.

Je pense que le but de l'amour de soi n'est pas de se kiffer en toute circonstance. Qui arrive à faire ça ? A ne jamais douter ? A ne jamais se critiquer ? A ne jamais se saboter ?
L'amour de soi sert à avoir une vision des choses plus saines, mais également à se relever. Même courbé, même accroupi, même bossu.
C'est se déprécier, mais savoir au fond de soi que nous sommes une personne de valeur et que les choses qui nous arrivent vont s'arranger.

Lorsqu'il m'arrivait tous ces problèmes, lorsque je me détestais, je savais au fond de moi que mes impressions étaient fausses, que j'étais une personne importante, une bonne personne, et que tout allait s'arranger.
Je n'aurais jamais pu penser ça avant.

Finalement, j'ai eu mon augmentation mammaire et je me suis fait un nouveau tatouage, je me suis réconcilié avec un ami très cher, j'écris un texte par jour et je n'ai jamais été aussi créative auparavant, et je me rends compte à quel point j'avais raison de penser que tout allait s'arranger.

L'amour de soi, ce n'est pas un diktat.
C'est une aide pour vos bonnes périodes comme pour vos mauvais jours.
Ne vous inquiétez donc pas si parfois, vous avez l'impression que "cela vous échappe". Que vous ne vous aimez pas autant que vous devriez.
Vous ne "devez" rien du tout.
Juste prendre soin dans vous, peu importe la période que vous traverser, et accepter que tout ne soit pas toujours rose, et que vous n'avez pas toujours la force.

Sarah's Scribbles


Monday, October 10, 2016

Rester positif : est-ce vraiment une bonne idée ?

J'ai remarqué une certaine mode sur Internet qui a tendance à me hérisser le poil.
Restez positifs.
Chassez les idées négatives.
Toujours de bonne humeur.
Arrêtez de râler.

Cette injonction au bonheur paraît très bien au premier regard, mais j'aimerais le dire en peu de mots : elle est très toxique.

Tout d'abord, elle est culpabilisante.
J'imagine que vous vous êtes tous dit un jour "mais...je n'arrive pas à être positif tout le temps ! Je suis nul !" ou "je n'arrive pas à arrêter de râler...", et d'autres pensées peu avenantes pour votre estime de vous-même.
Tout simplement parce qu'être positif tout le temps, ne jamais être triste ou en colère, c'est impossible. Cela fait partie de vous.
Ensuite, c'est tout simplement un conseil de merde. Une idée à la con.
Être positif non-stop ? Vraiment ?
Avez-vous la moindre idée du rôle que jouent vos émotions ?

Vos émotions et vos sentiments sont des guides. Ils vous permettent de voir ce qui ne va pas dans votre vie. Si vous ressentez de la tristesse, de l'insatisfaction, de la frustration, du stress, de l'angoisse, de la colère, de la fureur, de l'indignation, c'est qu'il se passe quelque chose dans votre existence qui vous met mal à l'aise, qui vous ébranle.
Et si vous étouffez ces émotions, comment saurez-vous que vous n'êtes pas à votre place ? Comment saurez-vous qu'un élément de votre vie ne vous convient pas ?

Si vous vous surprenez souvent à râler, peut-être y a-t-il une raison ? Est-ce votre emploi qui vous dérange ? Est-ce un collègue ? Est-ce le robinet de votre maison qui ne coule pas correctement ? Est-ce les films que vous allez voir qui ne vous satisfont jamais ? Est-ce votre conjoint ?
Pourquoi vous forcer à ne plus râler ?
Il serait bien plus intelligent de réfléchir à ce qui vous déplaît, à réfléchir à des façons de changer votre situation, que ce soit en effectuant des travaux, en évitant de voir un ami qui vous énerve, en supprimant un problème de votre vie, en arrêtant d'aller voir des blockbusters au cinéma, en vous réorientant professionnellement, en mettant fin à une relation qui ne vous convient plus...
Il y a des centaines de soucis possibles, et des milliers de solutions différentes et envisageables.

Si vous vous dites "ça ne sert à rien de râler, retiens-toi, tout va bien", vous allez passer à côté d'un changement positif.
Ça ne sert pas à rien de râler.
Et non, tout ne va pas bien.
Arrêtons cette nouvelle culture du déni et prenons un peu plus notre existence en main.
L'idéal serait, en effet, de vous créer une vie dans laquelle vous n'auriez plus jamais besoin de râler ! Ça a l'air impossible, mais ça le sera sûrement si vous n'agissez jamais et continuez de vous culpabiliser parce que "vous avez râlé trois fois, aujourd'hui !"



Les autres émotions négatives agissent comme autant de sonnettes d'alarme. Le malaise, l'insécurité, l'angoisse, la tristesse. Que vous indiquent-elles ?
Avez-vous déjà essayé de les écouter ?
Pourquoi êtes-vous triste tous les soirs en rentrant chez vous ?
Pourquoi êtes-vous de plus en plus dérangé à l'idée de dîner avec votre petit copain ?
Pourquoi avez-vous peur tous les matins avant d'aller en cours ou au travail ?
Pourquoi êtes-vous en colère contre les injustices de ce monde ?
Qu'est-ce que cela vous indique ?
Que pouvez-vous faire ?
Réfléchissez bien.

Ne mettez pas vos émotions en bouteille. Arrêtez d'essayer de les oublier, arrêtez de les mettre de côté. Prenez le temps de les ressentir, de les découvrir, et écoutez les.
A force de vous retenir de ressentir, vous vous retenez d'exister. Et je ne veux même pas savoir les désordres que cela doit provoquer en vous.

Vous voyez toutes les citations un peu neuneu qu'on voit partout ? Pas d'arc-en-ciel sans un peu de pluie ? Patati patata ?
C'est maintenant qu'elles prennent sens.
La souffrance, la tristesse, la rage, font partie de la vie.
Elles font partie de vous.
Elles sont nécessaires.
Que ce soit pour vous montrer que quelque cloche, ou juste parce qu'elles doivent être ressenties.

Si votre copain ou votre copine vous quitte, ou si un proche vient de mourir, et que vous pleurez, en effet il n'y a pas de message. En effet, il n'y a rien à en tirer. Vous êtes triste, et c'est tout.
Et maintenant ? Vous allez vous auto-flageller parce que vous êtes triste ?
Est-ce qu'on est vraiment en train de vivre dans un monde où on a plus le droit de ressentir ?
Vous avez déjà de la peine, ce n'est vraiment pas le moment pour ajouter de la culpabilité à vos problèmes.

Les émotions sont nécessaires. N'essayez pas de garder uniquement ce qui vous arrange, uniquement ce qui est instagrammable.
Ce n'est pas sain, et ça ne vous fera pas progresser.

Restez à l'écoute de ce que vous ressentez.
Si vous avez faim, vous mangez.
Si vous avez soif, vous buvez (enfin, n'attendez pas d'avoir soif pour boire s'il vous plait).
Donc, si vous êtes triste ou en colère, écoutez cette sensation et tirez-en le nécessaire. N'essayez pas de l'étouffer.
Vous dire "non, tu n'es pas triste, ne t'inquiète pas, tout va bien", revient à vous dire "non, tu n'as pas faim, tu es juste ennuyé".
C'est tout aussi violent pour vous.
Arrêtez de faire semblant. Arrêtez d'être dans le déni. Arrêtez de vous en vouloir parce que vous n'êtes pas une Barbie qui sourit sans cesse.
Vous n'êtes pas une poupée en plastique. Vous êtes une personne, avec des émotions qui ont besoin d'être ressenties.





Wednesday, October 5, 2016

Chirurgie esthétique et amour de soi : deux notions incompatibles ?

Je me suis fait opérer le jeudi 22 septembre dernier afin de subir une augmentation mammaire. J'avais prévu de longue date d'écrire un article sur la chirurgie esthétique après mon opération, mais j'étais loin de me douter de tout ce que j'allais apprendre et vivre suite à cet événement.
En effet, on ne peut pas deviner ce qu'une opération de chirurgie esthétique représente tant qu'on ne l'a pas vécu.
A présent, toutes les critiques que j'ai entendues (visant généralement des personnalités connues telles que les Kardashian), que ce soit "c'est débile", "ça montre un profond mal-être", "c'est une beauté plastique", "ça véhicule un message toxique de notre corps", me paraissent vides de sens.
Avant, elles m'agaçaient. Maintenant, elles m'invoquent une ignorance crasse : les suppositions et jugements d'une personne qui n'y connait rien.
Du vide, quoi.

Lorsque mon opération n'était encore qu'un projet, je m'imaginais aller à la clinique et en ressortir avec la plus belle paire de loche que la terre n'eut jamais portée. Je serais fière de ma poitrine et rien ne serait plus jamais pareil. De là, j'ai construit mon argumentaire autour de la pertinence de la chirurgie esthétique sur un blog Radical Self Love.
Parce que la question qui se posait était celle-ci : comment une blogueuse qui parle principalement d'amour de soi peut-elle se faire refaire les seins ?
Gala Darling a dû faire face à cette problématique après son opération, lorsque de nombreux lecteurs lui ont reproché de nourrir un diktat du complexe et se sont désabonné de son blog "parce qu'ils ne pouvaient plus se reconnaître en elle, car elle n'avait plus de petits seins".
(Les gens, s'il vous plait.)

Finalement, j'ai été très surprise.
Tout d'abord, il faut savoir qu'après une augmentation mammaire, vos seins...se gèrent tout seuls. Ils sont durs comme du béton (j'aurais pu tuer un homme avec je crois), prennent une forme absolument pas naturelle, la peau entre les deux est tendue à souhait, et avec un peu de chance, quelques taches mauves apparaissent de ci de là (de bons bleus impressionnants, quoi).
J'ai donc été confrontée à un problème que je n'avais pas du tout calculé : me retrouver face à un corps...clownesque.
Non seulement vous ne reconnaissez pas votre propre corps, ce qui est déjà relativement violent, mais en plus, ce n'est pas pour découvrir ce que vous aviez rêvé de voir. Vous savez que ce n'est que temporaire, mais l'expérience est perturbante. Choquante, même.

De plus, vous avez mal. Dès que vous faites quoi que ce soit. Au début, le simple fait de lever les mains vous fait souffrir. De soulever un petit objet. Vous appuyer sur vos bras est impensable.
Vos mouvements sont gênés, vous ne pouvez plus rien faire.
Si vous aviez l'habitude de faire du sport comme moi, vous faites une croix dessus jusqu'à la fin du mois.
Si vous aimiez vous étirer, oubliez ça.

J'ai ressenti une séparation mentale entre moi et mon corps. Je ne le reconnaissais plus dans le miroir (au début, j'évitais même de le regarder), et je n'avais plus le droit de l'utiliser. Le lien que j'avais construit avec lui était rompu, et il fallait tout refaire.

Il faut aussi savoir que la chirurgie esthétique ne fait pas de miracles. Ce n'est pas de la magie. Vous ne pouvez pas exiger d'avoir une chose précise. Non, je ne me suis pas retrouvée avec la poitrine de mes rêves. Pour ma part, le chirurgien m'a mesurée sous tous les angles avant de me dire "la distance entre vos épaules et votre poitrine est très petite, vos seins sont très hauts. Vous ne pourrez pas faire plus d'un bonnet C".
Voilà.
Est-ce que je suis déçue ? Bien sûr.
Mais mon corps est comme ça. Mon corps est conçu comme ça. On pouvait faire plus grand, mais le résultat n'aurait pas été convenable. Alors j'ai pris le choix d'avoir les seins qui iraient le mieux avec le corps qui m'a vue naître.
Vous voyez ? On se retrouve toujours au point "accepte-toi". Il n'y a pas de miracle. On a toujours des obstacles, et au final on se retrouve toujours à "accepter". Ce n'est pas une tricherie, ce n'est pas un raccourci facile. Ça vous emmène juste vers un cheminement différent. D'autres genres de problèmes, qu'on saura mieux gérer.

Le pire, je pense, est le soutien-gorge de contention, à garder jour et nuit durant un mois. Ça vous rend folle. Vous avez ce truc qui vous serre, qui vous fait parfois un mal de chien, et que vous ne pouvez pas enlever. Et quand vous pensez au nombre de jours qu'il vous reste à devoir le porter, vous n'avez qu'une envie : hurler et arracher ce truc maudit de votre corps emprisonné.
Chiant à mourir.



Tout ça pour dire : la chirurgie esthétique n'est pas une croisière de facilité où on se réveille avec le corps de Beyoncé et où on se met comme par magie à aimer notre corps. On entre en conflit avec, on doit réapprendre à l'accepter, à l'aimer, d'une toute autre manière

Maintenant, la question reste donc :
Pourquoi se faire refaire les seins quand on tient un blog sur l'amour de soi ?
La réponse va être très simple.
Justement parce que je m'aime.
Parce que je m'aime assez pour dépenser 5000 boules dans mon propre corps. Parce que je m'aime assez pour n'en avoir rien à foutre, de perdre des lecteurs déçus ou d'éveiller de l'incompréhension. Parce que je m'aime assez pour vaincre des clichés stériles et m'offrir le meilleur.
Parce que je n'ai qu'une vie et parce que je refuse de la passer à être en conflit avec mon corps, avec ma féminité. Je n'ai pas le temps.
Mais j'avais l'argent.
Donc je n'avais aucune raison de m'abstenir, si c'était ce qui me faisait envie.

Ainsi, pour moi, la chirurgie est on ne peut plus pertinente dans un travail d'amour de soi, si on en a les moyens et l'envie.
Je connais des personnes qui se font des piercings pour se réconcilier avec leur corps.
Je connais des personnes qui se font des tatouages pour s'aimer davantage.
Que quelqu'un m'explique la différence avec la chirurgie ? Il n'y en a pas.
Désolée.
Je connais des tas de gens qui me répondront "ce n'est pas du tout pareil".
Et en quoi ? Nous avons dans les trois cas une modification volontaire, peu naturelle, chère, violente et irréversible.
Oui, un piercing, c'est violent (est-ce que vous vous êtes déjà fait un industriel ? Violent.)
Un tatouage, c'est violent. Il y a du sang qui se mêle à l'encre et vous perdez de la peau pendant des jours. Si votre corps n'est pas violenté, je suis une girafe.
La chirurgie, c'est violent. Je le vois à ma peau, je le vois à mes cicatrices, je le vois dans mes bleus.
Ne pensez pas que je dresse ces pratiques les unes contre les autres. Je suis percée (7 fois, 8 fois auparavant, mais mon piercing au téton est parti dans l'opération EH OUI DOMMAGE), je suis tatouée (3 fois, bientôt 4), et maintenant, je suis refaite.
J'aime décorer mon corps, j'aime l'orner, j'aime l'améliorer. J'aime l'amour de soi par l'amélioration et le changement.
Et j'aime aussi l'amour de soi par l'acceptation et la paix. J'ai toujours été très transparente là-dessus.

Alors maintenant, est-ce que dis que la chirurgie est une bonne chose ?
Oui.
Déso pas déso. Je n'ai plus envie d'entendre des discours du genre "est-ce que je veux dire que la chirurgie est une bonne chose ? Je n'irais pas jusque là. Cela reste quelque chose de lourd, qui demande de la réflexion..."
J'en ai marre de ce politiquement correct.
Oui, je trouve que la chirurgie esthétique est une bonne chose. C'est un progrès. C'est une opportunité.
Et je pense que je vous prendrais pour des cons si je devais vous rappeler que ça demande réflexion. Vous le savez ! Vous savez ce que la chirurgie représente ! C'est bien pour ça que les gens s'insurgent contre mon discours, non ? Parce que la chirurgie esthétique n'est pas quelque chose à prendre à la légère, et ça, tout le monde le savait déjà.
Mais cela reste une chouette chose. Qui a aidé des millions de personnes depuis qu'elle existe.
Je n'ai pas encore rencontré de gens que la chirurgie aurait rendus malheureux.
J'ai l'impression que les seules personnes qu'elle fâche, ce sont ceux que ça n'intéresse pas.
(On n'aime pas trop ce qui n'est pas comme nous, n'est-ce pas ?)

Je trouve la chirurgie pertinente dans un travail d'amour de soi, tout simplement parce que j'ai vu une nette amélioration de ma confiance en moi depuis mon opération. Alors que j'ai encore mes pansements, alors que mes cicatrices ressemblent encore à des vers de terre, alors que je suis toujours obligée de porter mon soutien-gorge de contention, alors qu'ils n'ont pas encore la bonne forme, ni la bonne consistance.
Parce qu'auparavant, je me sentais "difforme", parce que j'avais l'impression que ma féminité était atteinte, parce que je ne me sentais pas pleinement femme.
Je savais bien qu'il n'en était rien, que j'étais tout à fait normale, avec un joli corps, que la taille de mes seins ne changeaient en rien ma féminité, et que le statut de femme ne tenait pas du mérite (Simone de Beauvoir était une grande dame, mais son "on ne naît pas femme, on le devient" était une belle injure).
Mais à un moment, j'en ai eu marre de me battre, de me faire violence. J'étais mal, et il fallait l'accepter. Ne pas complexer sur mon complexe (joli cercle vicieux). Et enfin accepter l'idée que changer mon corps n'était pas une trahison au Grand Ordre Du Bodypositive.
Si quelqu'un me reproche d'avoir eu recourt à la chirurgie esthétique, cette personne n'est pas bodypositive.
Cette personne émet un jugement sur mon physique.
Point final. Fin du débat.

L'amour de soi, ce n'est pas adhérer à de nouveaux diktats.
Ce n'est pas culpabiliser pour nos choix.
L'amour de soi, c'est avant tout faire ce que l'on a envie.
L'amour de soi, c'est "mon corps, mes règles".

Je me suis fait opérer parce que je fais ce que je veux.
J'exige de faire ce que je veux, parce que j'estime le mériter.
Et j'estime le mériter, parce que je m'aime.

Alors voilà. Sur ce blog, mes intentions ont toujours été claires. Nous faisons ce que nous voulons, et adoptons les stratégies qui nous correspondent afin de nous aimer.
C'est une pratique infinie, avec des milliers de façons différentes d'y arriver.
Faites ce que vous voulez de votre corps, et complètement.
Votre, corps, votre choix.



Monday, September 19, 2016

QUAND allez-vous faire ce que vous avez envie de faire, exactement ?

Je repensais à un commentaire que l'une de mes amies avait fait en marchant dans la rue.
"Quand tu as des genoux cagneux, tu ne mets pas de robe."
Ça m'a fait penser à toutes ces petites choses que l'on dit.
Si tu es grosse, ne mets pas de jupe.
Si tu as du ventre, ne mets pas de crop top.
Si tu as des petits seins, ne mets pas de décolletés.

Alors j'aimerais poser cette question.
Si tu as des genoux cagneux, tu porteras une robe quand ?
Si tu es grosse, tu porteras des jupes et des crop top quand ?

Ça peut s'appliquer à plein de choses.
Si tu es comme ceci, ne fais pas cela.
Si tu n'es pas assez intelligent, ne fais pas d'études de droit.
Si tu n'es pas assez responsable, n'adopte pas de chien.
Si tu n'as pas la main verte, n'achète pas d’orchidée (cet exemple est ridicule...)
Si tu n'es pas assez bonnasse, n'essaie pas le burlesque.

D'accord.
Mais vous allez faire ça quand ?
QUAND est-ce que les gens vont faire ce qu'ils ont envie de faire ?
Est-ce que nous nous rendons compte que nous n'avons qu'une seule vie ?
Tout le monde le dit, mais personne n'a l'air de bien comprendre le concept.
VOUS N'AVEZ QU'UNE SEULE CHANCE !
Vous n'allez pas grandir, choisir un métier de substitution, mettre vos rêves de côté, vieillir, mourir, et puis POUF une nouvelle vie où vous allez pouvoir réaliser vos rêves et vos envies !
Quelle merveilleuse opportunité !

Ça ne va pas arriver !

Pas de deuxième chance !
Alors vraiment, dites-moi.
Vous allez le porter quand, ce crop top ?
Ce n'est pas pour vous ?
Alors, vous ne le ferez jamais ? Même si vous trouvez ça beau ?
Vous le ferez quand, alors ? Quand Dieu vous donnera une deuxième chance ?
Portez cette jupe, putain.
Merde sur les gens qui sont choqués de vos genoux. Ils ne se rendent pas service. Et vous, vous n'avez qu'une vie. Vous n'avez pas le temps d'écouter les gens.
Vous n'avez pas le temps !

Mon grand-père vient de me dire "mais tu ne vas pas apprendre le russe, tu n'as pas la bonne prononciation, tu ne sais pas rouler les R".
Mais.
Mais.
Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
Les gens vont se foutre de moi ? Je vais avoir un accent à tuer un âne ?
Oh, zut.
Il vaudrait mieux ne pas le faire alors.
Peut-être me réveillerai-je dans une autre vie, russe comme un samovar, et je roulerai les R autant que mes hanches.
BEN NON.
DESO PAS DESO CA N'ARRIVERA PAS !

Les gars. Merde.
Merde les gens qui vous mettent des règles sur le dos pour vous persuader que vous ne pouvez pas faire ceci ou cela.
A première vue on peut courir un 100 mètres avec une seule jambe.
Alors, je pense que porter une robe avec des genoux cagneux ne doit pas être impossible.
Je pense qu'adopter un chien alors qu'on oublie parfois de se faire à manger ne doit pas être à exclure.
Je pense que si Hell Bunny fait ses robes jusqu'au 6XL c'est pour une raison.
Je pense que parler russe en faisant des L au lieu des R n'est pas si désagréable à l'oreille.
Je pense que les gens feraient mieux de fermer leur gueule et d'arrêter d'être des faiseurs de doutes et des casseurs d'ambiance.

Vous n'avez vraiment qu'une vie, vous n'avez qu'une seule chance.
Ce qui est génial, c'est que cette chance, elle dure potentiellement 100 ans.
Vous avez plein de trucs à faire, et plein de trucs que vous avez envie de faire.
Si vous êtes physiquement capable, mon dieu, faites le.
Ne laissez pas les pensées limitantes et les gens chiants et ennuyeux vous arrêter.
Vous n'avez pas le temps.

Pascal Campion







Friday, July 22, 2016

Concours des 100 abonnés : deux livres sur l'amour de soi à gagner

Je dois avouer un truc. Cela fait 5 ans que je blogue...et je n'ai jamais organisé un seul concours.
J'ai tenu mon ancien blog durant 4 ans, j'ai atteint 300 abonnés, et je n'ai jamais, au grand jamais, organisé de concours. A aucun anniversaire et à aucun palier atteint.

Pourtant, ce n'était pas l'envie qui manquait. Mais habitant en Belgique et possédant un tout petit budget, je ne pouvais pas me permettre d'envoyer des colis en France. C'aurait été un concours réservé à la Belgique et...pas fun ?

Seulement, récemment, j'ai eu une autre idée, une autre alternative, et ainsi, je peux enfin organiser mon premier concours, pour les 100 premiers abonnés Hellocoton du Cerf à la Menthe.

Le blog a fait un bond en avant ces deux dernières semaines, grâce à deux grandes Une humeurs qui m'ont aidé à augmenter mon nombre d'abonnés de 20% et juste...merci ? Merci de m'avoir rejoint, d'avoir commenté mes articles, de m'avoir encouragée, d'être là. Ça me redonne un courage immense et une grande motivation à continuer le blog et à faire entendre ma voix.

Pour vous remercier, je ne vais pas vous faire gagner un, mais deux cadeaux, que vous pouvez choisir.
Il s'agit de deux livres que j'ai pu lire récemment et que j'ai adorés. Ils sont novateurs, motivants, plein de conseils géniaux. Vous ne ressortirez pas de votre lecture sans voir changer votre vision de votre vie. C'est du pur mindblow, des pensées nouvelles, une bouffée d'air frais.
Ils sont également parfaitement raccords avec le thème du blog et ce que j'aimerais enseigner aux gens, alors il me paraît d'autant plus sincère de vous proposer de les découvrir.



1. "Comme par magie" d'Elizabeth Gilbert
Ce livre-ci ne traite pas exactement de l'amour de soi, mais il a boosté ma confiance en moi. Si vous êtes créatif, ou si vous voulez l'être, ce livre va énormément vous plaire.
Elizabeth Gilbert, l'auteur du bestseller "Mange, prie, aime", a écrit ce livre pour aider les gens à ne plus avoir peur de leur créativité. Au fil des pages, elle encourage, rassure, mais aussi démonte un grand nombre d'idées reçues et de pensées limitantes sur l'écriture et l'art en général.
Si vous tenez un blog, ou si vous écrivez, peignez, dessinez, ou voulez juste vivre une vie sublime, ce livre est fait pour vous et vous sera d'une grande aide.


"Je veux mener l'existence temporaire décorée la plus éclatante que je pourrai. Et je ne veux pas seulement dire physiquement, mais aussi émotionnellement, spirituellement, intellectuellement. Je ne veux pas avoir peur des couleurs vives, des sons nouveaux, du grand amour, des décisions risquées, des expériences étranges, des entreprises bizarres, des brusques changements ou même de l'échec."

"Plus j'avance en âge, moins l'originalité m'impressionne. A présent, je suis nettement plus émue par l'authenticité. les tentatives d'originalité peuvent souvent donner l'impression d'être forcées et maniérées, alors que l'authenticité possède une discrète résonance qui ne manque jamais de m'émouvoir."

2. "Radical Self Love : a guide to loving yourself and living your dreams" de Gala Darling

Ce livre est uniquement en anglais, je vous conseille donc de choisir l'autre si vous ne parlez pas cette langue. Si vous doutez de votre niveau, vous pouvez aller voir le blog de Gala Darling afin de juger du niveau d'écriture. Son anglais est très simple, peu alambiqué, très imagé, il ne faut pas avoir un anglais très fluide pour comprendre.
Je tenais absolument à vous faire gagner ce livre, tout simplement parce que c'est une mine de conseils et d'idées afin d'améliorer votre quotidien, votre vie, vos relations, et la vision que vous avez de vous-même. Gala explore plusieurs domaines comme l'amour de soi, les relations de couple, l'amitié, la mode, et donne chaque fois une multitude de conseils, des petits devoirs à faire chez soi, afin de mettre ses idées en pratique.






Le concours durera jusqu'au 5 août, et les règles sont les suivantes :
1. Pour participer, il faut soit aimer la page du blog sur Facebook, soit être abonné à ma page Hellocoton.
2. Pour vous inscrire, envoyez un commentaire sous cet article avec :
- le livre que vous désirez
- votre pseudo Hellocoton ou votre nom Facebook
3. Pour avoir davantage de chances de gagner, vous pouvez :
- vous abonner en plus à la page Hellocoton.
- aimer la page Facebook.
- Partager le concours sur Facebook.
- Partager le concours sur Hellocoton.
- Partager le concours sur Twitter.
Une chance supplémentaire par partage/abonnement, et ce n'est bien sûr pas obligatoire (seuls les deux premiers points du concours doivent être faits).
N'oubliez pas de laisser votre pseudo et le lien de chaque partage.

Vous ne recevrez bien sûr pas les exemplaires présents sur les photos de cet article, je commanderai votre livre neuf directement sur Internet et le ferai livrer chez vous.

Je pense que j'ai tout dit, alors, à bientôt !


Tuesday, July 19, 2016

Oui, on peut devenir, à peu de choses près, qui on veut.



Je ne fais jamais de vélo. J'ai toujours peur de tomber et du coup, ça me fait peur et je n'en fais pas. Pendant 8 ans, je n'ai pas écrit un seul poème, après avoir repensé à ceux que j'écrivais à 12 ans, j'ai conclu que j'étais nulle et je me suis interdit d'en écrire à nouveau.
J'ai tendance à dire sans cesse que je suis stupide, que j'ai "le cerveau d'un faon", que je suis idiote.
J'ai passé mes deux ans d'espagnol à prononcer le R comme un R français, parce que de toute façon je ne sais pas faire le R roulé.
Je connais plein de vérités sur moi-même : je suis quelqu'un de stressé. D'anxieux. De timoré. De stupide.
Dans ma famille, personne n'est souple. Je ne serai donc jamais souple.

Ça, ce sont mes pensées limitantes.
Qu'est-ce qu'une pensée limitante ?
C'est une chose que l'on a tendance à se répéter et qui nous empêche de progresser. Ce peut être un préjugé, une idée reçue, une pensée récurrente, qui vous limite.
J'ai plein d'exemples de tous les jours.

J'aimerais jouer au lotto, mais je ne gagnerai jamais.
Je suis littéraire, donc je suis nul en math.
Les hommes sont des porcs.
Je suis trop grosse pour porter un mini-short ou une mini-jupe.
C'est ma personnalité, je suis comme ça.
Le monde est dangereux.

Et il y en a tellement d'autres.

Saviez-vous que votre cerveau changeait tout au long de votre vie, et ce, quotidiennement ? A chacune de vos actions, chacune de vos pensées, votre cerveau se modifie. Votre personnalité peut donc se modifier grâce à une bonne dose de gymnastique mentale (sinon, nous ne changerions pas entre nos 8 ans et nos 50 ans), et vous n'avez aucune raison d'être mauvais dans une seule discipline en particulier.
Saviez-vous également que vous aviez souvent une vision faussée des choses et de vous-même ?

Vous pouvez être fort en sciences alors que vous venez d'une famille de littéraires. Vous pouvez faire un grand écart alors que vos parents ne touchent même pas leurs pieds en gardant les jambes tendues. Vous pouvez porter cette robe même si vous pesez 90 kg. Essayez, sans déconner. Est-ce que vous prenez feu ? Non, alors portez cette robe.

Il y a très peu de choses déterminées en ce monde. Peu de choses que vous ne pouvez pas changer. Les soucis mentaux comme l'anxiété, la dépression, un grand nombre de maladies, tout cela peut être très difficilement contrôlé (c'est même souvent presque impossible), mais il reste un nombre incalculable de paramètres dans votre vie que vous pouvez modifier.

Vous pouvez vaincre des peurs obsolètes, des vieilles phobies d'enfance que vous n'avez jamais remises en question.
Vous pouvez courir un marathon si vous vous entraînez suffisamment longtemps. Même si vous n'avez jamais fait de sport de votre vie jusqu'à aujourd'hui.
Vous pouvez écrire un roman entier même si vous ne vous êtes contenté que de nouvelles.
Vous pouvez lire 100 romans en un an.
Vous pouvez rouler les R (promis, je vous préviens quand j'y arrive).
Vous pouvez faire le grand écart.
Vous pouvez gagner au lotto un jour.
Vous pouvez devenir moins agressif, moins stressé, plus ambitieux, moins dépendant.
Vous pouvez vaincre des addictions.

Quand je dis aux gens "change ce que tu n'aimes pas", ça énerve.
"Oui mais...j'ai ce handicap que je ne peux pas changer."
Ah oui, effectivement. Et quid de cette addiction au tabac que tu ne kiffes pas non plus ? Et quid de cette envie de démarrer une chaîne Youtube que tu repousses depuis des mois parce que tu ne te sens pas légitime ?
"Oui mais...on ne peut pas décider de tout, y a des filles de 15 ans qui sont mariées de force."
Si tu me lis, tu n'es pas une fille de 15 ans mariée de force.
Enfin, peut-être suis-je lue par une tribu de filles de 15 ans mariées de force et dans ce cas je m'excuse, cet article n'est pas adapté.
Mais j'ai un doute.
Quelque chose me dit que parmi mes lecteurs, une majorité est bien portante, indépendante, et pourtant...reste persuadée qu'il y a des choses qu'elle ne peut pas faire, qui n'est pas à sa portée. Et qui se cache derrière des "oui mais tout le monde ne peut pas"...Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes tous différents, avec des obstacles différents, des soucis différents, nous ne les avons pas tous en même temps, alors à moins d'être paralysé à vie et d'être maintenu en vie grâce à une machine au fond d'un hôpital, vous pouvez faire BEAUCOUP DE CHOSES !

En juin, j'ai eu une crise de panique durant un examen de latin. J'ai dû me lever et quitter la pièce sans même avoir pu commencer à écrire.
Il y a deux jours, j'ai vaincu l'une de mes peurs et j'ai été nager dans l'océan.
Mon problème à moi, c'est la peur et le stress. Il y a des choses contre lesquelles je ne peux pas me battre (comme les crises de panique), et des choses que je peux vaincre une fois dans le bon état d'esprit. Tout est question d'équilibre, de mesure et de tri. Les crises de panique ? Ok. Le stress constant et la peur de toute chose hostile à mes yeux ? Je n'en veux plus.

Dans ce monde, les limites existent. Le souci, c'est que 80% de ces limites sont inventées. Elles sont en papier ! Les préjugés, les diktats, la manipulation mentale, l'éducation, toutes ces choses bâtissent des limites qui peuvent être détruites d'un gros coup de poing.

La prochaine fois que vous vous dites "je ne peux pas", essayez de décortiquer les raisons de ce "je ne peux pas". Est-ce vraiment un problème impossible ?
Est-ce un problème physique ? (maladie incurable, handicap)
Est-ce un problème d'argent ?
Est-ce votre copain ou votre copine qui ne veut pas ?
Est-ce le manque de temps ?
Est-ce la peur ?
Est-ce la certitude de ne pas avoir les capacités ?
Quel est le problème ? Est-il contournable ? Souvent, oui.

Vous n'êtes pas obligé de vivre une vie qui ne vous convient pas, en pensant que c'est "comme ça".
Il n'y a pas de "c'est comme ça".
Vous êtes maître de tellement de choses. De vos envies, de vos objectifs, de vos rêves, de vos aptitudes.
De votre personnalité.
De votre quotidien.
De vos R roulés.

Remettez tout en doute, une fois de temps en temps. Arrêtez-vous et demandez-vous : est-ce que c'est vraiment "comme ça" ? Est-ce que je ne déforme pas tout ? Est-ce que c'est inéluctable ?
Par défaut, dites-vous non. Et essayez de tout contourner.
Est-ce que c'est VRAIMENT impossible ?
Foncez.

Quelle est la chose que vous avez envie de réussir ? Que vous vous êtes interdit d'essayer ?
J'ai envie qu'on arrive ensemble à faire notre premier pas vers une existence sans limite.
Qu'est-ce que vous aimeriez faire, ou savoir faire, mais qui n'a "jamais été pour vous" ? Qui a toujours été exclu ?
J'aimerais que vers la fin de l'été, nous nous retrouvions pour faire le point. Quelles limites aurez-vous bousculé ?
J'aimerais faire une promenade en vélo, ce que je n'ai plus fait depuis 10 ans parce que "j'ai peur du vélo, je peux tomber".
J'aimerais revenir et vous sortir le R le plus roulé de l'histoire de la Russie et de l'Espagne réunis.
J'aimerais venir et dire "je ne suis plus stressée, et je suis très intelligente".
J'aimerais réussir tous mes examens alors que le monde entier semble me dire "à ce point-là tu peux juste espérer des dispenses".

Quelles choses excitantes et interdites aimeriez-vous pouvoir me raconter à la fin du mois ?